La meilleure façon de prédire l'avenir est de l'inventer. Mais pas si la réglementation l'interdit.
La Suisse se classe régulièrement au premier rang du Global Innovation Index [1]. Mais l'innovation en IA est menacée par deux forces :
La surréglementation : L'EU AI Act, avec ses 113 articles, crée une industrie de la conformité que les startups ne peuvent pas se permettre. Le risque : l'innovation migre vers les États-Unis et la Chine, où la réglementation est plus légère [2].
Le brain drain : Les meilleurs talents IA quittent la Suisse pour la Silicon Valley ou Londres -- pour les salaires, l'écosystème et la liberté d'expérimenter.
Des zones d'expérimentation où les startups IA peuvent tester de nouvelles applications sans être immédiatement soumises à toutes les réglementations. Durée limitée, supervisée, avec possibilité de dérogation temporaire [3].
La FINMA a déjà créé un bac à sable pour les fintechs. Le même principe doit s'appliquer à l'IA.
Un fonds de 2 milliards de francs, financé à parts égales par la Confédération et le secteur privé, pour investir dans les startups IA suisses -- avec l'objectif de les maintenir en Suisse [4].
Un visa accéléré pour les talents IA internationaux : traitement en 10 jours ouvrables, permis de travail de 3 ans, extension automatique. La Suisse a besoin de talents. La bureaucratie ne doit pas les repousser.
La réglementation doit être proportionnelle au risque. Les chatbots ne doivent pas être réglementés comme les dispositifs médicaux. Les assistants de rédaction ne doivent pas être soumis aux mêmes exigences que les systèmes de recrutement.
L'innovation et la régulation ne sont pas des ennemis. Mais le séquençage compte : réglementer avant que la technologie n'existe étouffe l'innovation. Réglementer après que les dommages sont survenus est trop tard. La Suisse doit trouver le juste milieu -- réglementer intelligemment, pas massivement.
[1] OMPI : Global Innovation Index 2024. Genève.
[2] AlgorithmWatch : Analyse de l'EU AI Act. 2024.
[3] FINMA : Bac à sable fintech. finma.ch.
[4] Conseil fédéral : Stratégie numérique de la Suisse. 2024.