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Économie numérique

Résumé : Les Bilatérales III permettent à la Suisse une association partielle à Digital Europe (7,5 mrd EUR de budget). La Suisse obtient l'accès aux Objectifs spécifiques 1 (supercalcul), 2 (IA), 4 (compétences numériques) et 5 (transformation numérique), mais pas à la cybersécurité (OS 3) ni aux semi-conducteurs (OS 6). Le Conseil fédéral confirme que le RGPD, le Digital Services Act et le Digital Markets Act n'ont pas à être repris.


L'avantage

Digital Europe -- programme pour la transformation numérique

Le programme européen Digital Europe (DIGITAL, 2021-2027) dispose d'un budget de 7,5 milliards d'euros et soutient le développement de capacités numériques dans six Objectifs spécifiques (OS) [12] :

OS Domaine Budget Accès CH
OS 1 Calcul haute performance (supercalcul) 2,2 mrd EUR Oui [12]
OS 2 Intelligence artificielle 2,1 mrd EUR Oui [12]
OS 3 Cybersécurité 1,6 mrd EUR Non [12]
OS 4 Compétences numériques 0,6 mrd EUR Oui [12]
OS 5 Transformation numérique 1,0 mrd EUR Oui [12]
OS 6 Semi-conducteurs (Chips Act) -- Non [12]

L'association à Digital Europe fait partie de l'accord de participation aux programmes de l'UE (EUPA), signé le 10 novembre 2025 [12]. L'association s'applique rétroactivement à partir du 1er janvier 2025 [12].

Avantages concrets de la participation au programme

Les entreprises, hautes écoles et institutions de recherche suisses obtiennent [1][12] :

  • Un financement direct de la Commission européenne pour des projets numériques
  • L'accès aux European Digital Innovation Hubs (EDIHs) -- réseaux de soutien à la transformation numérique des PME
  • L'intégration dans les centres de test en IA et les espaces de données européens (OS 2)
  • L'accès aux supercalculateurs du EuroHPC Joint Undertaking (OS 1)
  • Des programmes de formation et de perfectionnement dans le domaine numérique (OS 4)

Ce qui n'est pas repris

Le Conseil fédéral a clarifié dans une réponse à une question parlementaire que les grandes lois numériques de l'UE ne relèvent pas du champ d'application des Bilatérales III [7] :

« Le Conseil fédéral peut confirmer que les actes juridiques de l'UE mentionnés dans la question 1 [CSDDD, CSRD, RGPD, Digital Services Act, Digital Markets Act, directive PET] ne relèvent pas du champ d'application du paquet Suisse-UE (Bilatérales III) et n'ont donc pas à être repris par la Suisse. » [7]

Cette délimitation est significative : la Suisse participe aux programmes numériques de l'UE, mais ne reprend pas les grandes lois réglementaires de l'UE dans le domaine numérique [7].

Avantage de localisation

Pour la place technologique suisse -- avec ses centres à Zurich, Lausanne (EPFL), Bâle et la « Crypto Valley » de Zoug -- l'accès aux réseaux numériques européens est un facteur de compétitivité [4] :

  • Les startups suisses obtiennent l'accès aux programmes de soutien de l'UE [12]
  • Les coopérations de recherche avec des universités européennes de pointe sont facilitées [1]
  • La place suisse devient plus attractive pour les talents technologiques internationaux [4]

Les objections

Coûts et dépendance

Les critiques objectent [2] :

  • Les coûts du programme font partie du cadre de participation parlementaire de 5,422 milliards de francs (conjointement avec Horizon Europe et Erasmus+) [12]
  • La Suisse pourrait aussi participer à l'élaboration de normes numériques bilatéralement ou par d'autres canaux (OCDE, OMC) [2]
  • L'association crée une dépendance structurelle vis-à-vis des cycles de programmes et des décisions de l'UE [2]

Accès restreint

La Suisse n'obtient pas l'accès à tous les domaines du programme [12] :

  • La cybersécurité (OS 3) reste exclue -- la Suisse doit développer ses propres capacités [12]
  • Les semi-conducteurs (OS 6, Chips Act) ne sont pas non plus accessibles [12]
  • La question de savoir si l'accès restreint réduit l'utilité du programme est controversée [2]

Alternatives nationales

La Suisse a développé ses propres programmes de promotion numérique durant les années de non-association. Les critiques arguent que ceux-ci pourraient être développés et ne rendent pas la participation aux programmes de l'UE indispensable [2].


Références

[1] DFAE (2026). Paquet Suisse-UE (Bilatérales III). Département fédéral des affaires étrangères. [Open Access]

[2] UNSER RECHT (2026). Bilatérales III -- de quoi s'agit-il ? Plateforme d'information. [Open Access]

[4] economiesuisse (2026). Bilatérales III : poursuivre la voie suisse. Dossier politique. [Open Access] Note : fédération patronale.

[7] Conseil fédéral (2025). Réponse à l'interpellation 25.4749 : champ d'application de la reprise dynamique du droit. Curia Vista. [Open Access]

[12] SEFRI (2026). Paquet Horizon 2021-2027. Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation. [Open Access]


Dernière mise à jour : mars 2026